J.I. Liberté de la Presse

Journée Internationale de la Liberté de la Presse

“Rappelons-le : dans l’acception du dictionnaire, on est intolérant quand on combat des idées contraires aux siennes par la force, et par des pressions, au lieu de se borner à des arguments. La tolérance n’est point l’indifférence, elle n’est point de s’abstenir d’exprimer sa pensée pour éviter de contredire autrui, elle est le scrupule moral qui se refuse à l’usage de toute autre arme que l’expression de la pensée.”  Jean-François Revel

C’est aujourd’hui, comme chaque année, le 3 mai, la Journée Internationale de la Liberté de la Presse. Le constat est affligeant : la liberté de la presse est au plus bas cette année.

Reporters Sans Frontière a publié son classement et ses conclusions. L’état général est particulièrement mauvais. Sont en cause les pays totalitaires, bien entendu, mais un net recul des pays européens et des USA. Ainsi, certains états n’hésitent pas à limiter voir interdire internet voir même détruisent les locaux des médias qui les dérangent.

Comme toujours les pays scandinaves raflent les premières places (bravo à la Finlande, tout particulièrement). Au bas du classement : le Turkménistan (178ème), la Corée du Nord (179ème), l’Erythrée (180ème).

Sur le continent américain, si le Canada a un bon classement (18ème), il n’en a pas moins perdu 10 places par rapport à l’année dernière. En cause, Stéphen Harper qui a mené une politique de la porte close, limitant les interviews et interventions de son administration. Quant aux USA, ils sont à la mauvaise 41ème place, mais gagne malgré tout 8 places. Bien qu’ayant été précurseur en matière de liberté de la presse (depuis 1787 !), la question sur le terrain n’est pas la même, surtout concernant les « lanceurs d’alertes » sur l’espionnage et autres abus de l’administration américaine en matière de droits fondamentaux.

Cependant, ce mauvais résultat américain, ne fera pas digérer la très mauvaise place de la France, surtout par rapport à ses voisins. Elle descend de la 38ème place à la 45ème place. Cette descente est liée, d’une part aux attentats contre Charlie Hebdo, mais aussi au paysage médiatique français, lui-même. En effet, il est constitué essentiellement de groupes créant des conflits d’intérêts nuisant à la liberté de la presse. Notre voisine, la Belgique est quant à elle classée 13ème, l’Allemagne 16ème, l’Espagne 34ème, le Luxembourg 15ème, et le Royaume-Uni est 38ème. Pour ce pays, tout particulièrement, qui ne perd que 4 places par rapport à l’année dernière, ce mauvais classement est directement lié au Terrorism Act remettant en cause des pratiques journalistiques.

De nombreux pays sont mis à l’index par Reporters Sans Frontières comme l’Inde (133ème place). Les journalistes comme le blogueurs sont régulièrement menacés par les groupes religieux intégristes sous l’indifférence de l’état. L’Egypte, qui conduit une guerre contre « les frères musulmans », est à la 159ème place, obligeant les journalistes à publier une information officielle pour chaque attentat.

La Turquie, un des rares pays ayant une législation pour la laïcité, est en 151ème position. Les journalistes passent devant les tribunaux par centaine, à tout propos, insulte aux présidents, voir même pour « terrorisme ». Le pouvoir publique ferment de nombreux sites d’information et interdisent des publications sur certains sujets.

Toutes les libertés doivent être régulièrement rappelées et défendues : liberté d’expression, de presse, de réunion et de religion (ou de ne pas en avoir). La liberté de la presse est une composante incontournable de toutes sociétés démocratiques. Pour exprimer son vote, le citoyen doit être informé sur les candidats, leurs programmes , … mais aussi avoir une contre-information (voir une contre opinion) à celle émise par celui-ci. La liberté de la presse doit permettre le débat, la critique, les discussions et même doit admettre la contradiction. On ne peut faire le constat que les pays non-démocratiques ne doivent leur longévité grâce en partie à l’absence de la liberté de presse, d’opinion et d’information, c’est-à-dire, le plus souvent, par un contrôle des médias.

Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, je puis tout imprimer librement, sous la direction, néanmoins, de deux ou trois censeurs”  écrivait Beaumarchais dans le “Mariage de Figaro”.

Comme le montre si bien cette citation, la liberté d’expression et celle d’opinion ne peut qu’accompagner celle de la presse. Elle ne peut supporter ni la censure, ni l’autocensure.

3 mai 2016 – rédigé par la Maçonne et publié depuis Overblog –
Ce contenu a été publié dans Actualité, Sociétal. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.